Se connecter
Ivry sur Seine
Découvrir le lycéeAdministrationLa vie lycéenneCahiers de textes

Accueil > Enseignements Artistiques > Mais qui est NIRU ? Les élèves de théâtre racontent...

Mais qui est NIRU ? Les élèves de théâtre racontent...

Le 13 Septembre 2013, nous avons fait la rencontre de Niru. Au premier abord, cette femme, assez petite de taille, était loin d’être ce que j’avais imaginé.

Niru s’est imposée dès le premier jour : ses méthodes de travailler, ses exercices et surtout sa rigueur ! Il m’a fallu un certain temps pour m’adapter à cette nouvelle formule pour le cours de théâtre. Il est vrai que je m’attendais à quelque chose de différent. Je passais d’une option facultative à une option lourde, de la seconde à la première, je savais qu’il y aurait des changements mais pas de cette ampleur ! J’étais habitué aux cours de mon ancienne intervenante et je ne pensais pas du tout qu’il pouvait y avoir une autre façon de travailler. J’ai donc été un peu perdu pendant les premiers cours mais je m’y suis habitué petit à petit !
J’ai beaucoup apprécié les exercices ciblés sur le corps. C’était tout nouveau pour moi cette façon de travailler. J’ai appris que pour jouer, avant toute préparation de texte ou de mise en scène, il fallait laisser son corps s’exprimer. Il guide tout le jeu, il apporte le texte, le présente, le fait comprendre. Le corps est un instrument primordial pour l’acteur. Je ne remercierais jamais assez Niru de m’avoir appris ça.

À travers différents exercices, elle tentait de cibler une faculté du corps. Dans l’exercice des signes sur une valse, elle tente de nous faire assimiler à la fois une gestuelle, un rythme, et une interprétation sensible de nos signes. Nous tentons alors d’installer une certaine mécanique pour enchaîner tout cela de manière fluide. C’étaient des exercices très instructifs et très riches. Dans les exercices de Niru, il y en deux qui m’ont particulièrement plu : "Le Chœur et le Coryphée". J’aime beaucoup la danse, et j’ai beaucoup apprécié le côté ludique de l’exercice qui consistait à reproduire les mouvements du « Coryphée ». L’autre exercice c’est celui où Niru nous proposait une musique et une narration. A partir de ces deux supports nous devions nous imaginer les personnages principaux de l’histoire que nous racontait Niru.
Il faut cependant avouer que ces quelques séances avec Niru étaient assez éprouvantes. Niru est une intervenante très directive. On pourrait la comparer avec ces professeurs de danse classique avec un accent italien dans les séries ou films américain. Nous avions à faire à un personnage très intéressant. Mais malgré tout elle était bienveillante envers nous. Son premier but était qu’on se sente à l’aise avec elle et qu’on puisse progresser. On pouvait rester plus d’une heure sur le même exercice, si elle n’obtenait pas le résultat qu’elle attendait, on arrêterait pas. Si je parle de Niru, je ne peux pas ne pas parler de ses images et expressions : « Si le bateau coule, vous coulez avec ! » ; « Vous êtes une équipe de foot ! » « Il faut avancer de clairière en clairière ! » « Vous êtes au minimum de ce que vous pouvez donner ! » « On aura tout le temps pour se reposer après sa mort ! » « On doit imaginer que tu es un bulldog ! »
Je trouve que ces quelques phrases illustrent bien la personnalité de Niru, du moins, du peu que j’en sais.
Pour finir, malgré tout ce qui s’est passé, le fait qu’elle nous casse, nous agace, nous mette à bout physiquement, ça a été une très bonne expérience. J’ai appris avec elle, une nouvelle façon d’aborder le théâtre, par le corps, la danse, la musique. Je pense que c’est vraiment ce qui fait la particularité de l’enseignement de Niru. Elle est exigeante, certes, mais cela nous a permis de donner de nouveaux objectifs à chacun et je pense que les résultats se ressentent aujourd’hui. Comme nous a dit Mme Pignon, il fallait le prendre comme un stage où nous étions des vampires affamés qui nous nourrissait du travail de Niru. Personnellement, ça m’a beaucoup aidé pour le jeu d’acteur. Désormais, j’en appelle beaucoup plus à mon corps dans le jeu et je me fais plus confiance sur scène.
ADAM ZIAZNI.

En Inde, Niru a d’abord intégré une école de danse, elle a rencontré Ariane Mnouchkine et elle est venue en France pour travailler à ses côtés. Elle est restée de nombreuses années au Théâtre du Soleil, qu’elle a quitté pour faire d’autres expériences avant de le rejoindre cette année pour la nouvelle création.

C’est avec elle que nous avons commencé l’année et bien que ces cinq séances n’aient pas forcement été une partie de rigolade, je pense que c’est une bonne chose que les choses aient été faites dans cet ordre là. Niru est effectivement très stricte et très exigeante. Elle avait parfois des attentes que nous considérions trop élevées pour nous. Cependant, je pense que c’est une expérience très enrichissante que d’être confrontés à une comédienne qui nous ménage aussi peu qu’elle car elle nous donne des méthodes de jeu et de travail qui pourront nous servir tout au long de notre vie d’acteur comme elle le disait elle-même.
Niru a dans son théâtre une forme de rigueur et de précision où chaque mouvement est mesuré et calculé « jusqu’au bout des ongles et des doigts de pieds. » comme le dit Madame Pignon. De plus, elle place le corps au centre de tout son travail, et elle nous a énormément fait travailler sur l’énergie du corps, le message qu’il peut faire passer et ses mouvements. Nous avons fait de nombreux exercices corporels.

Lorsque nous avons commencé à jouer les passages du Cercle de craie caucasien de Bertholt Brecht, Niru a été attentive au moindre détail, aux moindres gestes parasites et nous faisait chaque fois recommencer pour arriver à être "justes". Parfois, son exigence nous agaçait car nous étions fatigués de recommencer. Mais, j’ai conscience qu’elle n’avait pour but que de nous faire progresser.

Isciane Farigole.